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Jeu de patience

Chronique libre d’ARES

Quel périlleux défi que de ressortir un texte abandonné depuis longtemps sous la pile des sujets à traiter !

Si je l’aborde enfin, c’est d’abord pour calmer mon entourage lorsque, d’un cri désespéré (version polie !), je signale ma perte de maîtrise du bricolage en cours de réalisation ! Je suis brutalement stoppé par un imprévu ayant pour cause une erreur d’estimation de ma part, m’infligeant du temps perdu ! Je le regrette d’autant plus que mon exclamation ne propose pas d’excuse à cette affreuse impatience ! Est-ce que la patience viendrait à mon secours ? J’apprécie les qualités de ce mot, dont je fais un usage de préférence intellectuel et discret. Des heures silencieuses qui passent inaperçues pour mes proches, contrairement à la colère criée contre le ciel par un artiste maladroit !

Par chance, j’ai découvert qu’une définition de patience provient du verbe pâtir, signifiant souffrir ! L’impatience serait donc une maladie de la patience ! Je l’imagine comme un champignon avançant en grignotant ma pensée perturbée par l’accident au bout de mes doigts ! Expulser des expressions colorées ne serait donc que la conséquence d’une vision brouillée par l’impatience porteuse du virus de la haine !

Une déduction vite adoptée, sans l’avis de mon médecin, quoiqu’elle me paraisse fragile en découvrant cette affirmation de Grand Corps Malade : « La patience est un art qui s’apprend patiemment. » Une vérité que j’observe souvent, consacrant plus d’heures à écrire qu’à bricoler ! Plus jeune, j’avais pourtant entrainé ma famille aux jeux de société développant agilité et patience. Je me souviens des puzzles de mille pièces qui occupaient plusieurs jours la grande table ! Merci Christiane ! Ces jeux offraient le plaisir de gagner tout en partageant notre temps en dissimulant l’apprentissage de la lenteur.

En prenant de l’âge, notre rythme de vie s’accélère naturellement si l’on est curieux et passionné. On se fixe des buts réalistes ou rêvés et l’agitation de notre cerveau bouscule la patience d’un corps débordant déjà d’ambitions de réussir !

Écoutons-le nous expliquer les règles du jeu et nous mettre entre les mains le maximum de chances pour maîtriser chaque instant de la partie engagée ; accélérer, ralentir, s’arrêter, corriger, même si parfois l’on doit reprendre son souffle, ou notre mal en patience ! Trouver la force de repartir malgré l’invention des fuseaux horaires, cette course-poursuite conçue par l’homme pour l’attacher à sa montre ! Notre planète tourne, mais nous pouvons rester sur place en méditant sereinement sur comment parvenir au résultat désiré ! Sinon, rallions-nous aux propos de l’écrivain Georges Perec : Tu as tout à apprendre, tout ce qui ne s’apprend pas : la solitude, l’indifférence, la patience, le silence.

Affaire à suivre !

www.resseguier.ch

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