À Versoix, la culture ukrainienne célébrée sans oublier la guerre
La salle communale Lachenal a pris des couleurs ukrainiennes, samedi 29 août, à l’occasion de la Foire Sorochyn.
La salle communale Lachenal a pris des couleurs ukrainiennes, samedi 29 août, à l’occasion de la Foire Sorochyn. Organisée par l’association Ukraine Reborn, cette journée multiculturelle a permis au public de découvrir différentes facettes de l’Ukraine dans une atmosphère chaleureuse et familiale.
Marché artisanal, spécialités culinaires, ateliers créatifs pour les enfants, jeux, chants et danses traditionnelles ont rythmé la manifestation. Une exposition présentait également des personnalités ukrainiennes ayant contribué aux arts, aux sciences ou encore à l’économie. Inspirée d’une foire traditionnelle ukrainienne, la Foire Sorochyn ne se voulait pas uniquement commerciale : elle entendait faire revivre un lieu de rencontre où l’on échange, danse, chante et partage.
Questionnée par TéléVersoix, Nadiia Olarean, membre fondatrice et directrice d’Ukraine Reborn, a expliqué que l’événement avait aussi pour objectif de remercier la population suisse, et en particulier les habitants de la région, pour l’accueil réservé aux Ukrainiennes et aux Ukrainiens depuis le début de la guerre. L’association souhaite favoriser les échanges entre les différentes communautés et mieux faire connaître une culture encore trop souvent réduite, dans l’actualité, aux images du conflit.
Car derrière la convivialité de la fête, la guerre reste omniprésente. Alors que d’autres conflits occupent désormais une place importante dans l’actualité internationale, les bombardements et les souffrances se poursuivent en Ukraine. Nadiia Olarean comprend qu’une forme de lassitude ait pu s’installer dans l’opinion publique. Elle estime toutefois essentiel de rappeler que l’Ukraine ne se résume pas à la guerre, à la destruction ou à l’exil.
«L’Ukraine, c’est aussi l’Europe», souligne-t-elle, insistant sur les valeurs et les liens culturels qui rapprochent les populations. Interrogée sur l’avenir, elle ne se dit pas simplement optimiste, mais réaliste. Son prénom, Nadiia, signifie «espoir» en ukrainien. Un symbole qui correspond à son engagement, même si elle le rappelle avec lucidité : l’espoir ne suffit pas s’il n’est pas accompagné d’actions concrètes.
À travers cette journée festive, Ukraine Reborn a ainsi voulu conjuguer mémoire, solidarité et ouverture : parler de la guerre, sans laisser celle-ci effacer la culture et l’identité de tout un pays.
