À Versoix, le basson dialogue avec la musique brésilienne

TéléVersoix Magazine : Comment votre rencontre s’est-elle faite ?
Brigitte Siddiqui : Une pianiste invitée aux Caves m’avait proposé plusieurs formations, dont un duo avec basson. J’ai choisi cette possibilité. Cet instrument, souvent discret à l’arrière de l’orchestre, a été pour moi une découverte.
Carlos Bertão : Après ce récital, nous avons commencé à discuter. Quelques minutes sont devenues des heures : nous parlions de Bayreuth, de la Scala de Milan et des chanteurs des années 1960 et 1970. Nous avons découvert une passion commune pour l’opéra.
Carlos Bertão, pourquoi avoir choisi le basson ?
C.B. : Je suis né à Rio de Janeiro. Adolescent, j’écoutais la samba. Un jour, en cherchant une station, je suis tombé sur la radio classique. La puissance de l’orchestre m’a bouleversé. J’ai ensuite voulu identifier ce timbre que j’entendais au fond de l’ensemble : c’était le basson. Sa capacité à changer de caractère m’a séduit. Il peut être comique, très expressif ou évoquer quelque chose d’onirique. Même lorsqu’il joue avec les violoncelles et les contrebasses, il transforme la couleur de l’ensemble.
Que proposerez-vous avec Alma Brasileira ?
C.B. : Nous serons cinq musiciens pour une traversée de la chanson brésilienne. Le point de départ est « Preciso me Encontrar », que l’on peut traduire par « J’ai besoin de me retrouver ». Son enregistrement par Cartola, en 1976, comporte une introduction au basson que beaucoup de Brésiliens connaissent. Cinquante ans plus tard, nous souhaitons faire entendre cette rencontre entre l’instrument et la musique populaire, avec la voix, les guitares, la basse et les percussions.
Quelle place reste-t-il à l’interprétation ?
C.B. : Une grande liberté. Nous ne cherchons pas à reproduire un enregistrement. L’accompagnement n’est pas entièrement écrit : il se renouvelle dans le jeu, un peu comme la basse continue dans la musique baroque. Sergio Valdeos, à la guitare à sept cordes, apporte beaucoup à ce travail. Le basson dialogue avec le chanteur et ajoute une couleur particulière.
Pourquoi accueillir ce programme dans un festival de guitare ?
B.S. : Il fallait en discuter avec notre directeur artistique, Alessio Nebiolo, et conserver une vraie place pour la guitare. Carlos a proposé une formation avec deux guitaristes, dont un joue sur sept cordes. Cette proposition ouvrait le festival à un autre univers musical.
Le choix des Caves répond-il aussi à une question de fréquentation ?
B.S. : L’an dernier, même avec une tête d’affiche comme Yamandu, la salle Lachenal n’était pas pleine. Le service de la culture nous a conseillé de proposer davantage de concerts aux Caves. C’est un essai, dans un cadre plus intime. Avec cinq musiciens sur une petite scène, il faudra aussi trouver le bon équilibre.
Alma Brasileira : dimanche 8 novembre 2026, à 11 h, aux Caves de Versoix.
