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Padel à Richelien : « Il n’a pas sa place en plein air, à quelques mètres des maisons »

Vue aérienne du secteur de Richelien, à Versoix
Le secteur de Richelien, à Versoix. Image aérienne : SWISSIMAGE © swisstopo.

Des habitants de Richelien et de La Bâtie s’opposent à un projet de terrains de padel près de chez eux. Christophe Bonnet, président d’une association française qui lutte contre les nuisances de ce sport, a dû quitter sa maison à cause du bruit. Dans une interview à TéléVersoix, il explique ce qui attend, selon lui, les riverains.

Un projet de terrains de padel au 12, avenue de Richelien, à Versoix, suscite l’opposition d’habitants de Richelien et de La Bâtie. Dans une pétition adressée à la commune et aux autorités cantonales, ils demandent de préserver le caractère rural, forestier et naturel du secteur.

Les pétitionnaires redoutent le bruit, l’éclairage nocturne, l’augmentation de la circulation et de la fréquentation, ainsi que l’artificialisation des sols. Ils évoquent également l’imperméabilisation de terrains qu’ils décrivent comme « réputés inondables ».

Ils précisent ne pas s’opposer au padel, mais au choix de cet emplacement, proche des habitations. Ils demandent de privilégier les centres sportifs existants ou des secteurs adaptés et, le cas échéant, de faire réaliser une étude indépendante des impacts acoustiques et environnementaux.

L’Association des intérêts de Richelien–La Bâtie (AIRB) avait fixé au 17 octobre la date limite de retour des signatures à son secrétariat.

L’interview : « Il n’a pas sa place en plein air, à quelques mètres des maisons »

Après la publication d’un premier article de TéléVersoix sur cette pétition, l’association française NAMP a contacté la rédaction pour partager son expérience avec les habitants. D’abord un collectif baptisé « Non à mon padel », NAMP est devenu une association le 22 septembre 2026 afin d’élargir son champ d’action. Le sigle signifie désormais « Nuisances & atteintes, maîtrise & prévention dans le padel, le pickleball et les sports assimilés ». Son président, Christophe Bonnet, a lui-même dû déménager après trois ans de nuisances sonores.

TéléVersoix Magazine : Pourquoi souhaitez-vous contacter les riverains de Richelien ?

Christophe Bonnet : Ils vont sans doute se poser les mêmes questions que nous, avoir les mêmes inquiétudes, et peut-être subir les mêmes nuisances. Au fil des mois et des années, nous avons aidé des gens à s’informer en amont pour faire retoquer des projets et convaincre. Et malheureusement, quand le mal est fait, nous les outillons pour aller parfois en justice et rétablir leur tranquillité.

Qu’est-ce qui pose problème avec le padel ?

C’est un super sport, mais il n’a pas sa place en plein air, à quelques mètres des maisons. Son bruit est fait de chocs secs et répétés, les plus difficiles à supporter pour l’organisme : il ne peut pas s’y préparer, ni quand le bruit commence ni quand il s’arrête. Sur une autoroute, on entend les véhicules arriver de loin et repartir au loin. C’est pareil pour le train et l’avion. Avec le padel, pas du tout.

Pourquoi construit-on alors des terrains en plein air ?

Parce qu’un terrain en plein air coûte cinq fois moins cher qu’un terrain couvert et insonorisé. Et cela se fait parfois au détriment de la santé publique. C’est la mode : les maires veulent à tout prix des terrains de padel chez eux, cela fait plaisir à beaucoup de gens. Mais ce n’est pas la loi du nombre qui doit s’imposer.

Quelles sont les conséquences pour les voisins ?

Cela vous mine le moral et, à force, cela peut vous faire tomber en dépression. Cela a été le cas de plusieurs membres de notre association, moi compris. On vit reclus chez soi. L’été, on ne peut pas profiter de sa terrasse, on doit jongler avec les heures où l’on joue. On organise sa vie au rythme du terrain d’à côté.

Quelle distance faudrait-il respecter ?

Il faudrait regarder ce qu’ont fait les Pays-Bas. Là-bas, la distance dépend du bruit ambiant et du nombre de terrains : 100 mètres, voire un peu moins, pour un seul terrain près d’une grande route, et jusqu’à 210 mètres en pleine campagne avec plusieurs terrains. À la campagne, un nouveau bruit s’entend beaucoup plus loin.

Et à Richelien ?

Nous avons regardé le site sur une vue aérienne. Une autoroute passe non loin, mais c’est vraiment la campagne. Et l’autoroute ne passe pas entre les habitations et les terrains. Il y aura peut-être un petit bruit de fond, mais il ne suffira pas à couvrir ce que vivront les voisins.

Aux Pays-Bas, un guide pour les communes

La Fondation néerlandaise contre les nuisances sonores (NSG) a publié en janvier 2023 un guide sur le padel et le bruit. Ce n’est pas une loi, mais un document de référence pour les communes. Il définit autour des terrains des zones où des mesures contre le bruit sont presque toujours nécessaires. Ces zones sont plus étendues quand le quartier est calme et que les terrains sont nombreux.

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