Le refuge d’oiseaux de Genthod débordé par la canicule

À Genthod, le Centre ornithologique de réadaptation (COR) ne désemplit pas. Depuis janvier, il a recueilli 3’800 oiseaux, contre 2’000 à 2’500 sur une année entière en temps normal — 1’300 à 1’800 de plus, que son fondateur Patrick Jacot attribue au changement climatique. Fin juillet, en pleine canicule, 300 oiseaux étaient encore en soins lors de notre visite.

Patrick Jacot, fondateur du Centre ornithologique de réadaptation de Genthod, avec une chouette effraie en soins.
Patrick Jacot, fondateur du Centre ornithologique de réadaptation de Genthod, avec une chouette effraie en soins.

«La première canicule a duré une dizaine de jours. On recevait entre 45 et 50 oiseaux par jour. C’est énorme», raconte celui qui a créé le centre en 1975.

Les martinets paient le plus lourd tribut : sous les tuiles surchauffées, où la température atteint 50 à 60 degrés, les jeunes sautent des nids et s’écrasent au sol. Brûlures, déshydratation. Le COR en a reçu 130, et gère 4’500 nichoirs dans le canton, tous placés à l’ombre.

Signe des temps, Patrick Jacot a recueilli, pour la première fois en cinquante ans, un cincle plongeur — un oiseau de rivière — égaré en pleine ville, à la recherche d’eau. Un martin-pêcheur a été retrouvé mort alors que ses cours d’eau étaient à sec.

Derrière l’afflux, la question des moyens. Le centre, qui vit surtout de dons, doit trouver plus de 400’000 francs par an. Les communes genevoises réunies y contribuent à hauteur de 10’000 francs. Sur les 130 martinets recueillis, 70 restent à nourrir jusqu’à leur envol : 9000 francs de grillons à eux seuls.

Face à des étés caniculaires qu’il anticipe désormais récurrents, le COR prépare pour l’an prochain un «plan canicule» dédié aux oiseaux.

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