Versoix

Les 40 ans du Rado, et une inquiétude sur l’argent du canton

Le Rado a célébré ses 40 ans au chemin César-Courvoisier. L’après-midi était réservé aux animations pour les enfants. La partie officielle a eu lieu à 17 h 30. En soirée, des concerts ont suivi, puis d’anciens habitués du centre sont passés aux platines.

Pour Paulo Malta, président de l’association, le bilan est « super positif ». « On a un centre de loisirs qui fonctionne bien, un très bon partenariat avec la commune, des locaux qui sont là. Ça ronronne », résume-t-il.

« Il n’y avait rien »

Le Rado est né en 1985 de l’initiative de quelques Versoisiens. Selon Paulo Malta, Versoix comptait alors environ 8 000 habitants. Le centre ouvre en septembre 1986 dans une vieille maison du quartier de Montfleury, à l’emplacement de l’actuel Radis.

Dominique Schmitt avait été engagée pour l’ouvrir. Elle se souvient du lieu : « C’était la vieille maison et autour il n’y avait strictement rien, à part un monstre parc, un champ, avec des arbres fruitiers. » À l’intérieur, tout restait à faire : « Il a fallu tout mettre, le baby-foot, le billard, faire de la publicité aussi, pour que les premiers jeunes viennent. Et ils sont venus. Très vite et nombreux. »

Elle y a travaillé trois ans. Quarante ans plus tard, elle observe le chemin parcouru, notamment la grange voisine transformée en bâtiment : « La commune a pensé que c’était nécessaire et utile pour tout le monde. Ce sont des luttes du départ qui ont porté leurs fruits. »

Du Galaxy au Radis +

Le centre s’est ensuite développé par étapes :

  • 1990 : ouverture du Galaxy, destiné aux adolescents ;
  • 1992 : création du Radis, pour les enfants jusqu’à 11 ans ;
  • 2008 : le secteur adolescents et le secrétariat s’installent au chemin César-Courvoisier ;
  • 2013 : ouverture du New Galaxy dans l’ancien garage à vélos des Colombières ;
  • 2014 : création du Radis +, pour les préadolescents.

L’association fait aussi tourner une charrette de jeux dans les quartiers et encadre des activités à la grève nautique en été.

Aujourd’hui, l’équipe compte cinq animateurs, une secrétaire et des moniteurs engagés selon les besoins. Une dizaine de bénévoles siègent au comité de gestion. L’un des animateurs, Pascal Jantet, travaille au Rado depuis plus de trente ans.

« L’état de ce lieu invite à la réflexion »

Le maire de Versoix, Julien Marquis (PLR), a qualifié ces quarante ans de « moment charnière ». Il a invité le comité à réfléchir aux dix ou vingt prochaines années, et il a ajouté : « L’état de ce lieu invite aussi lui-même à la réflexion autour de l’avenir du Rado. »

L’enveloppe cantonale en question

Arnaud Moreillon, directeur opérationnel de la FASe, a profité de la fête pour alerter sur l’avenir du financement cantonal : « Aujourd’hui, l’enveloppe de 27 millions que porte le canton est menacée, avec le Conseil d’État qui annonce avoir démarré une énième discussion avec les communes autour d’un transfert de ces 27 millions. »

Pour défendre le système actuel, il a comparé Lancy et Sion, deux villes de plus de 35 000 habitants. Selon lui, Sion compte neuf animateurs socioculturels, alors que Lancy compte neuf équipes : ces 27 millions ont « un effet démultiplicateur ». Il a aussi évoqué la hausse de la solitude chez les jeunes depuis le Covid : « La jeunesse aujourd’hui a un besoin criant que les adultes soient à ses côtés. »

Les documents du Grand Conseil confirment l’enjeu. Le Conseil d’État proposait un contrat de prestations de cinq ans, de 2025 à 2029, avec une indemnité de 26 919 021 francs par an. Début septembre 2026, la majorité de droite du Grand Conseil l’a ramené à deux ans, 2025 et 2026, avec un objectif affiché : le transfert de la FASe aux communes.

Sources : propos recueillis par TéléVersoix lors de la fête des 40 ans du Rado ; Grand Conseil de la République et canton de Genève, PL 13692-A.