L’Allondon mis à ban pour sauver ses poissons
Depuis le 1er août, plus personne n’a le droit d’entrer dans le lit de l’Allondon dès l’embouchure du Nant de Pralie : baignade, pêche, orpaillage, barrages improvisés — tout est interdit sur environ un kilomètre et demi. Une «mise à ban» décidée par le canton pour protéger la faune de cette rivière née au pied du Jura, dans le Pays de Gex, qui traverse le Mandement, entre Dardagny et Russin, avant de se jeter dans le Rhône.
En cause, un débit tombé à quelque 400 litres par seconde, contre 1000 à 1500 litres habituellement en été. «Un mètre cube, c’était la règle. C’est devenu l’exception», explique à TéléVersoix Maxime Prevedello, président de la Commission cantonale de la pêche et secrétaire de la Fédération des sociétés de pêche genevoises.
Le canton n’a pas mis à ban toute la rivière, mais le tronçon où les poissons peuvent trouver refuge : un lit diversifié, fait de blocs et de fosses profondes, qui garde des zones fraîches même quand les débits s’amenuisent. Plus en aval, dans la plaine alluviale, le lit est plat, il n’y a pas d’ombrage et l’eau chauffe, et truites et ombres cherchent refuge en aval vers le Rhône.
Car quand l’eau se fait rare, elle chauffe. Après l’orage, le matin de notre reportage, le thermomètre affichait 15,6 degrés. Quelques jours plus tôt, l’eau atteignait 20 degrés, seuil de stress pour les poissons. À 25 degrés, «c’est mortel».
«Je suis inquiet depuis 2003.» Plus de vingt ans que le pêcheur voit les étés secs se succéder : 2018, 2022, 2026. Dans la Drize, le canton injecte désormais de l’eau du réseau pour maintenir un débit de survie. Sur l’Allondon, l’État aménage des fosses profondes en aval, là où la nappe ressurgit et rafraîchit l’eau.
«On peut s’adapter. Mais jusqu’à un certain point : quand il n’y a plus d’eau, la vie disparaît.»
