Un espace public pour le bien vivre ensemble maintenant

«Instantanés de Versoix : des ados grignotant chips et barres sucrées à midi devant des supermarchés, envie de rester entre ami·e·s, loin du collège ; telle association se réunissant chez l’un ou l’autre de ses membres ou devant stocker chez les mêmes ses archives ou son équipement audiovisuel (du vécu !) ; d’autres ados venant lors d’une projection hivernale de CinéVersoix et souhaitant juste s’asseoir dans le hall de l’aula des Colombières, recherchant un abri pour discuter au chaud.
À l’évidence, il manque des espaces publics à Versoix pour les jeunes et les associations. Les autorités locales en ont conscience puisqu’elles envisagent justement d’affecter les locaux du 71 route de Suisse (ex-Fust) pour des activités intergénérationnelles. Un espace public pour la population, aussi simple que ça.
Où les nombreuses associations pourront se réunir, créer des synergies et mutualiser leurs ressources.
Où les différentes générations pourront converser, voire mener des projets ensemble et susciter des vocations. Avec 40 % de jeunes de moins de 29 ans (largement au-dessus de la moyenne cantonale), avec un nombre élevé d’associations sociales, culturelles et sportives, il serait temps que Versoix se dote d’un tel espace d’intérêt public et non marchand !
Les élus du Conseil municipal en ont décidé autrement. Juste avant les vacances d’été, une majorité (la droite et le centre) a voté une résolution enjoignant l’exécutif versoisien à renoncer à cet espace public.
Devant tant d’incohérence – le municipal avait approuvé en décembre dernier un budget pour louer ces locaux, devant un tel manque de pragmatisme – ces locaux sont quasi prêts à l’emploi sans d’énormes et longs travaux, on n’y croit pas !
Le dialogue entre générations, le partage, l’émulation, la rencontre, la convivialité, l’amitié, la coopération sont pourtant les ingrédients de base à l’art du bien vivre ensemble.
À l’image des autres arts (musique, cinéma, théâtre et autres danse et peinture), l’art du bien vivre ensemble doit aussi avoir son propre espace public. Sans tarder.»
Marc Houvet
