1er Août à Versoix : de la sciure, deux discours et pour la première fois un brunch

Grande première à Versoix pour la Fête nationale : la commune a lancé un «brunch sur le quai», qui affichait complet, servi au son des cors des Alpes d’Ecogia et des VoixpluriElles. Autre nouveauté de cette édition, le public a pu assister à deux démonstrations de lutte suisse — et s’y initier — dans l’enceinte de la Mairie, grâce au club des lutteurs de Carouge (ACGLS), fondé en 1921.

Démonstration de lutte suisse dans l'enceinte de la Mairie, avec le club des lutteurs de Carouge (photo Denis Fragnière).
Démonstration de lutte suisse dans l’enceinte de la Mairie, avec le club des lutteurs de Carouge (photo Denis Fragnière).

Côté officiel, le maire Julien Marquis (PLR) a profité du 735e anniversaire de la Confédération pour défendre une neutralité «multifacettes, plurielle», qui «mérite mieux que d’être agitée comme un hochet», en vue de la votation de cet automne sur la neutralité. Le président du Conseil municipal, Jérémy Jaussi (Les Verts), a de son côté rappelé, pacte de 1291 à l’appui, que la diversité a construit le pays : «Le temps n’est pas à se chamailler politiquement sur des divergences, mais bien à faire face aux problèmes ensemble.»

Le soir, après la musique municipale et le cortège prolongé jusqu’à la gare, la foule s’est pressée sur les quais pour le feu d’artifice tiré au-dessus du lac — l’un des rares maintenus dans le canton, où le Conseil d’État a interdit feux et feux d’artifice en raison de la sécheresse, à l’exception des feux lacustres dûment autorisés.

Verbatim: Discours de Julien Marquis, maire de Versoix 

“Madame la conseillère nationale, 

Monsieur le vice-maire, Madame la conseillère administrative, chers collègues, 

Mesdames les Maires de Collex-Bossy et de Céligny, Mesdames et Messieurs les conseillères administratives et conseillers administratifs, 

Monsieur le président du Conseil municipal, cher Jérémy, 

Mesdames et Messieurs les conseillères municipales et conseillers municipaux, 

Monsieur le Syndic de la commune de Mies, 

Monsieur le Maire et Mesdames les conseillères municipales de la commune de Ferney-Voltaire, 

Monsieur le Maire de la commune de Versonnex, 

Mesdames et Messieurs les élus d’alors, 

Chères concitoyennes, chers concitoyens, chers amis de Versoix et d’ailleurs, 

Je vous souhaite au nom du Conseil administratif la plus cordiale bienvenue aux festivités du 1er août 2026 à Versoix ! La Suisse a 735 ans, ce qui se fête ni plus ni moins qu’un autre anniversaire… ! 

Je dirai quelques mots de la Suisse avant de passer la parole au président du Conseil municipal Jérémy Jaussi, qui vous parlera davantage de son histoire et de sa diversité. 

Je ne vous parlerai donc pas de tous les petits et grands projets du Conseil administratif, déjà évoqués lors de la sérénade de juin. Notre programme de législature et notre action mettent Versoix en mouvement, par une multitude de petites choses déjà réalisées, avec le concours du Conseil municipal, 2 

dans notre sphère de compétence communale, pour exercer à fond notre rôle de gouvernement local. Une illustration tout de même : l’événement de ce midi ! Ce n’est pas la révolution, mais l’une de ces petites évolutions très simples. Jean-Marc a proposé, on lui a dit « pourquoi pas, essayons ! » plutôt que « pourquoi ? on a jamais fait comme ça » ! 

Un immense merci à vous d’avoir joué le jeu pour cette première du « brunch sur le quai », on va l’appeler comme ça, qui affiche complet ! Notre gratitude va également à toute l’équipe du service sports et manifestations, à l’équipe du restaurant O’Five et à nos autres services communaux impliqués dans l’organisation des festivités qui ont commencé hier et se poursuivent ce soir dès 18h avec la musique municipale, le cortège dans sa nouvelle version étendue comme l’an dernier jusqu’à la gare mais sans les vieux grenadiers c’était spécial pour les 734 ans, et avec le feu d’artifice, qui est maintenu au vu de son emplacement lacustre. Ouf ! Pour ce midi je remercie enfin les cors des alpes Echogia, les VoixpluriElles et je vous invite d’ores et déjà à assister à la démonstration de lutte qui aura lieu juste après cette partie officielle vers 13h ou ce soir à 19h. 

La Suisse a 735 ans disais-je, 735 ans de combats pour la liberté, de travail, de créativité, d’opportunités saisies et de compromis trouvés. Cette Suisse que nous aimons, et qui peut imaginer l’avenir parce qu’elle connaît son passé. 

Dans quelques semaines nous voterons sur la neutralité de la Suisse. Un principe a priori plutôt rassembleur, même si tout le monde a sa propre idée de ce qu’est ou devrait être la Suisse neutre. Qu’on se rassure, personne ne propose de la supprimer. 

L’initiative qui nous est servie cet automne vise à ancrer une interprétation restrictive dans la constitution et, en filigrane, à ce que la Suisse s’éloigne de ses alliés traditionnels occidentaux pour se rapprocher d’un grand pays plus à l’est. 

Quel drôle de projet pour notre pays et sa population. Qui en profiterait ? Qui y gagnerait, quels mouvements, quels intérêts ? 

La neutralité, c’est ne pas participer à des conflits armés entre Etats tiers. Jusqu’ici, on est probablement d’accord. Pour le reste, la liberté est notre guide : une bonne dose de souplesse, de diplomatie, de pragmatisme, et, il 3 

faut bien le dire, parfois, d’opportunisme. L’histoire nous rappelle que la Suisse s’en est très bien sortie à travers les âges en usant subtilement d’une palette d’outils variés pour défendre les intérêts de sa population, et jamais en s’arque boutant sur un dogme, la neutralité, la ligne de Toblerones, les cols alpins ou les banques, mais un peu de tout cela. La neutralité est à l’image de la Suisse : multifacettes, plurielle, elle mérite mieux que d’être agitée comme un hochet. 

L’essentiel pour la Suisse est ailleurs, inscrite en toutes lettres sous la coupole : un pour tous et tous pour un, la devise de la Suisse, avant d’être celle des trois mousquetaires, reflète tout le génie collectif, la magie et l’amour de notre pays ! 

La force de l’union, à tous les étages, celle du fédéralisme. Personne n’est vraiment souverain, tout le monde l’est un peu, et en politique extérieure aussi : la Suisse ne peut pas se payer le luxe d’avoir des certitudes, sa faiblesse géopolitique lui impose de négocier et de recommencer. Le nombrilisme, l’arrogance et la tentation, c’est la garantie du déclin, tandis qu’on se renforce en s’affirmant ensemble, à tous les niveaux. 

Au nôtre, Versoix fait sa part vis-à-vis du canton et des autres communes, en matière de logement, de bâtiments scolaires et de politique sportive, culturelle et sociale par exemple ; le système fonctionne parce que les communes voisines et le canton le lui rendent. Que penser donc, sinon du mal, des tentatives successives du canton de transférer de nouvelles factures aux communes mais sans le pouvoir de décider et surtout sans vouloir bâtir autre chose ensemble, dessiner une autre carte, imaginer une organisation différente mais conjointe ? La même devise doit inspirer nos représentants à l’association des communes genevoises et au sein des autorités cantonales : dialoguer et s’unir, pour un, et pour tous. 

Vive Versoix, vive Genève et vive la Suisse ! “


Verbatim: Discours de Jérémy Jaussi, président du Conseil municipal

“Chères Versoisiennes, chers Versoisiens, et personnes de tout autre horizon légèrement moins fortunées que les habitantes et habitants de notre belle commune.

Aujourd’hui j’ai l’honneur de prendre la parole pour dire quelques mots de notre fête nationale et surtout de notre beau pays.
La Suisse a beaucoup évolué depuis ses débuts. Partant d’un socle multiculturel déjà riche (4 langues nationales et des dizaines de dialectes, des cultures variées, des populations urbaines et campagnardes), sa population s’est diversifiée encore davantage. Nous sommes passés d’une seule religion autorisée, à deux, puis à une ouverture totale. Au prix, on l’oublie parfois, d’une guerre civile de plusieurs centaines d’années entre catholiques et protestants, qui a failli empêcher la Suisse de devenir un État fédéral et fédérateur.
Tout au long de sa riche histoire, ce tout petit pays en taille a su se faire sa place dans le monde et apporter à ses citoyennes et citoyens toujours plus de libertés. Aujourd’hui, nous profitons de tout ce qui a été construit par celles et ceux avant nous. Face aux nombreux défis qui nous attendent, il me semble que nous devons garder en tête ces quelques éléments fondateurs qui nous aideront à faire face. La diversité a construit ce pays, tout comme le fait que ses habitantes et habitants ont compris et adopté les valeurs qui ont fait avancer ce pays vers le progrès. La diversité fonctionne lorsque le socle commun de valeurs, de lois et de liberté est respecté par toutes et tous.

Rappelons-nous que même cette fête du premier août est une des inventions du 19e siècle pour créer un sentiment d’unité nationale. Nous avons simplement choisi cette date pour célébrer nos points communs.
La Suisse a choisi cette référence à un traité d’aide et de défense pour célébrer en paix son unité. C’est un acte symbolique fort, qui doit toujours animer nos actions à tous les échelons du pays et y compris dans nos relations quotidiennes aux autres.

Je ne vais pas vous lire le pacte de 1291 en entier, mais seulement une partie, qui mérite une contextualisation actuelle.

« Nous, les hommes d’Uri, de Schwytz et d’Unterwald, conscients de la gravité des temps, désireux de nous accorder aide et protection, promettons et jurons de nous porter secours et conseil les uns aux autres, de nous soutenir de toutes nos forces et, s’il le faut, au prix de nos vies et de nos biens, contre quiconque nous ferait violence ou nous causerait du tort. »

Il semble à première vue difficile de s’identifier à des montagnards vivant au 13e siècle. Néanmoins cette partie sur la conscience de la gravité des temps qui nécessite que nous nous soutenions est on ne peut plus actuelle.

Les défis ne manquent pas et le temps n’est pas à se chamailler politiquement sur des divergences mais bien à faire face aux problèmes ensemble et tenter de les résoudre.

S’adapter au changement climatique n’est pas politique, c’est une évidence.

Recréer de la proximité sociale au niveau local également.

Être à l’écoute des uns et des autres et s’exprimer respectueusement, y compris à distance sur les réseaux sociaux, une base indispensable au bon fonctionnement de notre démocratie.

Pour moi le 1er août est l’occasion de se rappeler l’histoire de notre pays, mais surtout comment il s’est construit petit à petit, en dépassant nos différences et en construisant un avenir commun profitable à toutes et tous.

En ce 1er août 2026, je ne peux que vous souhaiter à toutes et tous, chères Versoisiennes et chers Versoisiens, et bien sûr à toutes les personnes présentes de quelque horizon que vous soyez, une magnifique fête nationale et un moment d’unité, de joie et de partage.
Vive la Suisse !”

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