L’EMS Bon-Séjour à Versoix face à la deuxième vague

Avec plus d’une dizaine de résidents décédés en mars et avril dernier, l’EMS Bon-Séjour a payé un lourd tribu au Coronavirus. Comment la direction de cet établissement s’est-elle préparée à la nouvelle vague de la pandémie ? Réponse avec Alain Charbonnier, son directeur.

Alain Charbonnier, directeur de l’EMS Bon-Séjour, à Versoix.


Nous sommes en plein dans la deuxième vague de la pandémie. Comment se portent vos résidents ?
« En moyenne, ils se portent bien. Nous avons eu un cas positif dans la maison, pas plus. Certains collaborateurs sont quant à eux absents pour cause de Coronavirus. Mais cela reste gérable et tout se passe relativement bien par rapport à la situation. »

Quel dispositif avez-vous mis en place pour limiter l’effet de cette deuxième vague ?
« Nous avions déjà mis en place un système de visites très sécurisé se déroulant soit à la cafétéria lors des repas, soit dans les chambres. Et puis nous avons progressivement mis en place un seul type de visite, à la cafétéria avec les familles. Le cadre est strict, avec la distanciation nécessaire et bien sûr les masques. Notre volonté est de tout faire pour garder ce lien familial, car la suppression des visites lors de la première vague avait pesé sur le moral de certains résidents. »

« Nous avons d’ailleurs réalisé cet été une petite étude afin de savoir comment nos résidents appréhendaient une nouvelle vague. C’était du 50/50. Certains nous ont avoués qu’ils ne supporteraient pas l’absence de contact avec leurs proches, les autres n’étaient pas forcément opposés à revivre un confinement complet. »


L’économie, c’est bien. Mais à partir d’un moment, la santé des gens doit passer avant tout. »



Quelle a été la réaction au sein de l’EMS à l’arrivée de cette deuxième vague ?  
« De manière sereine chez les résidents. Le personnel est en revanche beaucoup plus angoissé. D’une part à cause du vécu de la première vague, et de l’autre par rapport à l’angoisse ambiante liée aux informations diffusées dans les médias. De mon côté, je pense que ce que nous avons vécu au printemps dernier nous permet aujourd’hui de mieux affronter ce qui arrive. »

Comment les familles de résidents ont réagit à l’annonce de cette deuxième vague ?
« Certaines familles, toujours un peu les mêmes, n’ont pas été très contentes de limiter les visites à la cafétéria. D’autres nous ont complimentés d’avoir mis en place ces mesures destinées à protéger leur famille. »

En tant que directeur d’un EMS très durement touché par l’épidémie, quelles mesures souhaiteriez-vous voir appliquées ?
« Le principal critère, c’est l’engorgement des soins intensifs des HUG à Genève. Je pense qu’il faut être très prudent par rapport à cette question. Si les hôpitaux commencent à être saturés, il faut prendre le maximum de mesures possibles pour limiter cette flambée. Et s’il faut un confinement, ce sera un confinement. C’est aux experts de se prononcer. L’économie, c’est bien. Mais à partir d’un moment, la santé des gens doit passer avant tout. »





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